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Quelques repères et notions sur le Perche

 

De la Préhistoire aux invasions normandes

Le perche n’était pas qu’une forêt inhabitée, on relève à beaucoup d’endroits des traces de peuplement datant de l’époque préhistorique tels que les dolmens, les mégalithes ou les camps retranchés.

On situe aux environs du VIème siècle av.JC les implantations celtiques. Esuviens, Carnutes (Chartres) et Durocasses (Dreux) se partagèrent le Perche. On sait peu de choses sur les sites gaulois mais on observe des traces d’enclos le sol ayant livré tessons de poterie, haches, pointes d’épée…

 

La romanisation

Avec la conquête de la Gaule par César, le Perche devint le passage obligé entre le Pays des Carnutes et l’Armorique.

Les légions de César se devaient de surveiller le pays, voire même de l’occuper  aux endroits stratégiques. Sans aucun doute les indigènes opposèrent une certaine résistance et menèrent une guerre de harcèlement contre les nouveaux venus. La géographie du Pays se prêtait bien à une guerre de maquis. Mais la pacification romaine fit son œuvre. Des routes pratiques et sures traversèrent le Perche et des postes militaires en assurèrent la sécurité. Le perche participa alors progressivement à la civilisation gallo-romaine. Les vestiges de certaines villes sont là pour l’attester. Ces exploitations agricoles semblent avoir maintenu la coexistence des traditions gauloises et latines. Mais dans l’état actuel il est impossible d’évaluer le degré de romanisation du Perche.

Les grandes invasions germaniques détruisirent ces premiers îlots de civilisation ne laissant que ruines et désolation. De nombreux noms de lieux évoquent encore ces bouleversements tels que St jean des Murgers et Mézières de maceriae, tas de pierres. Le souvenir des romains ne survécut qu’à travers de vieilles légendes

 

Les débuts de la Christianisation

A la suite des grandes invasions, il est probable que la mise en culture des terres reculât. La forêt c‘était aussi le domaine de la solitude profonde et donc le désert recherché des pieux ermites des Vème et VIème siècles. Beaucoup de saints cherchèrent ainsi refuge dans la forêt et participèrent à la première évangélisation du Perche. De petites communautés religieuses s’organisèrent autour d’eux. On peut penser que le développement de ces communautés chrétiennes et les défrichements dus à leur implantation ont favorisé la vie rurale.

A l’époque carolingienne, sous l’impulsion des abbayes, les défrichements continuèrent : les abbayes de St Germain des Prés et de St Père de Chartres eurent de nombreuses possessions dans le Perche.

 

Les invasions scandinaves et la formation du comté

La menace des invasions scandinaves crée à partir du IXème siècle un climat de peur et d’insécurité. Les pirates venus de la mer terrorisent et rançonnent les villes tandis que les derniers carolingiens se montrent incapables de réagir. Leur faiblesse favorise le déclin des anciens cadres administratifs en même temps que la montée de petits châtelains qui s’investissent eux mêmes de la mission de défendre les populations locales.

En 911, Charles le simple abandonne à Rollon les territoires qui vont de l’Epte à la mer. Quelques années plus tard les successeurs de Rollon s’emparent de ce qui sera la Normandie. Ces sessions territoriales ne sont jamais que des droits de fidélité et de protection, accompagnés de patronages sur les abbayes et les églises de telle sorte que chaque avancée est souvent contestée et devient uns sorte de conflit armé.

 

La naissance du comté du Perche

Dans un tel contexte le Perche acquiert une position de force et constitue un véritable pays frontière entre le domaine royal et la Normandie . Les Normands sont de redoutables et dangereux voisins dont il faut contenir les poussées expansionnistes. L’évêque de Chartres confie la défense de son matériel et la sécurité de ses biens à quelques seigneurs : nous avons là l’origine des cinq baronnies du Perche .

Simultanément on voit rentrer dans l’histoire les premiers seigneurs de Nogent et de Bellême puis ceux de Mortagne. Ces petits seigneurs se mettent en position de résistance aux points stratégiques de la Région en élevant des mottes avec fossés. Très vite, leur valeur militaire leur donne autorité et indépendance mais leur ambition divise le Perche en zones d’influence et l’entraîne dans les guerres féodales.

C’est ainsi que les Gouet dominent la rive gauche du Loir, que les Rotrou s’installent à Nogent puis à Mortagne et sur la rive gauche de l’Huisne tandis que les Talvas de Bellême s’implantent sur la rive droite et étendent leur domaine vers Alençon et Domfront. Une rivalité sans merci oppose les Rotrou aux Bellême. Les Rotrou ont agrandi peu à peu leur domaine ; ils remontent la rive gauche de l’Huisne et même au delà vers les rives de la Sarthe. Les châteaux des Rotrou et des Bellême se font face.

En 1114, le conflit prend fin avec l’intervention d’Henri Ier Beauclerc, roi d’Angleterre, duc de Normandie : Rotrou III, comte du Perche, gendre et allié du roi, ménage un équilibre entre les rois de France et d’Angleterre, tandis que Robert II de Bellême est brouillon dans sa politique, ce qui l’entraîne à sa perte malgré ses talents militaires. Lors d’une guerre il est fait prisonnier par Henri Ier Beauclerc qui donne aussitôt la châtellenie de Bellême à Rotrou III en récompense de ses services.

Rotrou III comte du Perche est maître de Nogent de Bellême et de Mortagne. Désormais les Rotrou prendront le titre habituel de comte du perche.

Bien sûr le comté n’est pas très étendu mais les seigneurs ont une renommée internationale. Rotrou III a en effet participé à la reconquête espagnole sur les Sarrasins, et contribue à l’élévation du Roi de Navarre et lui fait épouser sa nièce, Marguerite de l’Aigle…

Le Perche au cœur des conflits

A la fin du XIIème siècle le Roi de France semble bien faible face à Henri II Plantagenêt qui réunit un empire allant de l’Angleterre à l’Aquitaine. Le Perche situé entre les deux royaumes se trouve au cœur des conflits.

C’est pourquoi les Roi de France, Louis VII et Philippe Auguste, cherchent un point d’appui auprès des comtes du Perche pour lutter contre les Plantagenêt.

Nogent le Rotrou et la Ferté Bernard deviennent alors des villes clefs aux portes du Maine.

 

Le Perche et le rattachement à la couronne

L’épopée de Blanche de Castille

En 1226, la dynastie des Rotrou s’éteint. A la suite de négociations obscures et au nom de très lointaines attaches familiales, c’est Blanche de Castille, cousine au 3ème degré qui reprend le comté. La mort inattendue du roi louis VIII déclenche une révolte des grands seigneurs féodaux contre la régente.

Pierre de Dreux saisit l’occasion pour tenter de s’approprier le comté du Perche et les Châtellenies de Bellême et de la Perrière dont il avait la garde. Mais Blanche de Castille , connue pour sa ténacité légendaire, n’hésita pas à faire le siège de Bellême en 1229 et restitue complètement le comté.

En ce début du XIIIème siècle, le Perche est donc rattaché au royaume de France.

 

La guerre de cent ans

La paix ne règne pas longtemps sur le Perche et la Normandie. Dès 1346 le Perche subit la guerre de cent ans, à laquelle s’ajoutent les épidémies et la peste noire.

Après le traité de Troyes , le Perche redevient une pièce maîtresse de l’échiquier anglo-normand et c’est la défaite de Verneuil en 1424 qui ouvre définitivement  les portes du Perche aux Anglais.

Ils investissent Longny, Mortagne, Bellême et Nogent tandis qu’ils détruisent de nombreux châteaux fortifiés qui ne seront jamais relevés…

Le comte du Perche Jean II d’Alençon est fait prisonnier et ne doit sa libération qu’au prix d’une rançon qui le ruine.

En 1449, après 25 ans d’occupation anglaise, le Pays est complètement vide. De nombreux châteaux ont été détruits ou rasés. La noblesse percheronne est ruinée .

Or, les conditions climatiques de l’après guerre ne sont pas favorables à la reconstruction : suite à des trahisons, Jacques d’Armagnac à Nogent et Jean II d’Alençon sont emprisonnés, voient leurs biens confisqués et sont condamnés à mort.

Le Perche se relève donc lentement de ses ruines.

Apparaît alors Marguerite de Lorraine, grande figure de l’histoire du perche. Elle hérite à la mort de son mari, le duc René d’Alençon, d’un pays ruiné où la noblesse a été décimée par la guerre . Elle entreprend une œuvre efficace de reconstruction économique et de transformations administratives et fonde le couvent des Clarisses de Mortagne.

 

La Renaissance et les temps modernes

Renaissances et guerres de religions

La Renaissance c’est l’époque où le Perche s’orne de multiples manoirs , où les villes comme Nogent, voient se construire nombre de petits hôtels particuliers, reconnaissables à leur tour d’escalier hexagonale. La prospérité, la joie de vivre et le raffinement s’installent partout. C’est un lieu où se retrouvent les grands noms, du Bellay, Ronsard .

Mais la fin de ce siècle se termine dans l’horreur des guerres de religion avec pillages, vols et brigandages. Il faut noter que la religion protestante connut un certain succès à Bellême, Nogent, Authon.

 

Deux siècles de monarchie centralisatrice : les XVII et XVIIIème siècles

 Le Perche est alors une petite province unifiée sous un même droit coutumier bien que les divisions administratives s’enchevêtrent.. Mortagne et Bellême sont alors de petites capitales où résident les représentants du pouvoir royal . Les châteaux de Nogent le Rotrou, de la Ferté Bernard et de la Ferté Vidame sont aux mains des plus grands noms de la noblesse : Richelieu, Duc de Sully…

Le petit peuple vit de l’artisanat industriel et de la terre. Beaucoup d’atouts sont propices à ces activités : les gisements d’argile pour les briquetteries et les poteries grossières, les poches de minerai de fer et le bois des forêts pour les forges et la métallurgie, l’énergie produite par les petits ruisseaux.

Les villes telles que Mortagne, Bellême, Nogent, Mamers sont des centres textiles de bonne renommée. Les étamines de Nogent font l’objet d’un commerce très prospère.

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